Parachat Noa’h
Télécharger le PDF PDF en anglais Donnez votre avis
Cette semaine, je n’ai pas ajouté de réflexion personnelle à la feuille. J’ai laissé parler nos maîtres, j’ai vérifié leurs faits et, chaque fois qu’un fait ou une source demandait une correction, j’ai placé une courte note sous le point concerné. Mais en les lisant côte à côte, une image me revenait sans cesse : une famille dans une boîte de bois, flottant au-dessus d’un monde englouti, attendant le jour où elle pourra sortir et reconstruire. C’est de cela que j’aimerais vous parler avant d’étudier.
Je rappelle d’abord la paracha en quelques lignes. Le monde est rempli de violence, et Noa’h est le seul juste qui reste ; Hachem lui demande donc de construire une Tévah, une arche. Noa’h, sa famille et les animaux y entrent, et le Maboul, le Déluge, recouvre la terre. Quand les eaux se retirent, la colombe revient avec une feuille d’olivier, et au bout d’une année entière ils sortent de la Tévah. Hachem promet qu’il n’y aura plus de déluge, donne à l’humanité ses lois fondamentales et fait de l’arc-en-ciel le signe de Son alliance. Puis les hommes bâtissent Migdal Bavel, la tour de Babel. Leurs langues sont confondues, ils sont dispersés, et la paracha se termine sur les générations qui mènent à Avram.
Le Rabbi ne nous laisse pas lire le Maboul comme une simple punition. S’appuyant sur le Torah Or de l’Admour Hazaken, il enseigne qu’il a purifié un monde « souillé par la discorde, la corruption et la violence », et qu’il a duré 40 jours, comme les 40 séa d’un mikvé. Yéchayahou l’appelle « les eaux de Noa’h », de na’hat, la sérénité. Puis le Rabbi nous le rend personnel. Les « grandes eaux » de notre propre vie, avant tout les soucis de la subsistance, sont destinées, à la fin, à nous laver : « En fin de compte, ces “grandes eaux” purifient l’homme de ses traits indésirables et lui permettent d’atteindre la sérénité et le contentement. » Ce qui me touche le plus, c’est son assurance qu’une telle purification « n’a pas besoin d’être longue ; elle peut s’accomplir en un bref instant », dès que l’on comprend à quoi elle sert.
Où aller quand les eaux montent ? Le Baal Chem Tov répond avec le mot tévah, qui signifie à la fois « arche » et « mot ». Entrez dans les mots de la Torah et de la prière, laissez-les vous entourer, et « même dans les circonstances les plus terribles », vous ne serez pas emportés. Le Rabbi le rend concret : le Modé Ani et les bénédictions du matin, dits par quelqu’un qui sait que toute l’existence est renouvelée à chaque instant. Et après une vraie prière, dit-il, la charge de la preuve change de camp. Quand le yétser hara affirme que quelque chose est une nécessité, la réponse est : « Apporte la preuve ! » Comme le dit l’expression ’hassidique : « Ce qui est interdit est interdit, et ce qui est permis est superflu. »
Le Rav Haïm Dynovisz regarde la même Tévah à travers la Kabbale. Pourquoi la Torah donne-t-elle ses mesures exactes, des détails que n’importe quel constructeur sensé pourrait trouver seul ? Parce que, dit-il, toute la structure des séfirot est cachée dans l’arche : les 300 amot représentent les trois séfirot supérieures, les 50 les cinquante portes de Bina, les 30 les trois séfirot qui en descendent. Et il insiste : dans chaque catastrophe, certains sont sauvés par la grâce, même quand nous ne voyons pas pourquoi, car « la rétribution ne se fait absolument pas selon notre compréhension à nous ».
Rabbi YY Jacobson demande pourquoi Noa’h a envoyé le corbeau avant la colombe. Le corbeau représente la guévoura, la sévérité, et la colombe le ’hessed, la bonté. Après un monde « pourri gâté », Noa’h pensa d’abord que le monde nouveau avait besoin de dureté, puis il comprit qu’« avec un corbeau, on ne peut pas reconstruire un monde ». Le corbeau garde sa place à la périphérie, pour fixer des limites, mais « la force motrice première de la vie doit être l’amour, la fidélité, la compassion, la confiance ». Ceux qui ont été submergés par la douleur se forgent souvent une carapace de corbeau, et qui pourrait le leur reprocher ? Pourtant Rabbi Jacobson nous montre les survivants de la Choah, qui avaient toutes les raisons de devenir des corbeaux et qui ont bâti au contraire des foyers pleins d’amour : « après le déluge, on peut encore envoyer une colombe ».
Rabbi Manis Friedman place le Maboul à côté de Migdal Bavel. La génération du Déluge était « bien avec D.ieu, pas bien entre eux », et elle fut effacée de la terre. Les bâtisseurs de la tour étaient « bien entre eux, pas si bien avec D.ieu », et ils furent seulement dispersés. Être bon envers les autres, dit-il, c’est ce qui nous vaut notre place sur terre, et après le Maboul, la gratuité était finie : « les gens devront gagner leur pain… être les associés de D.ieu ». Je trouve du réconfort dans une autre de ses phrases. De toute cette génération, « seuls huit étaient bons », et cela ne s’est plus jamais reproduit, car « les gens bons n’attirent pas l’attention parce que le bien est normal, et ce qui est normal n’attire pas l’attention ».
Rabbi Reuven Wolf, qui enseigne le Ropshitzer, demande pourquoi le verset dit que Noa’h était intègre « dans ses générations », au pluriel. Parce que le service d’un tsadik atteint chaque potentiel de son âme, y compris ses descendants, qui trouvent alors « beaucoup plus facile de se connecter ». Les premières lettres de נח איש צדיק תמים totalisent 541, la valeur de ישראל. Comme il le dit : « ce n’est pas que vous, ce sont vos enfants, vos petits-enfants, vos arrière-petits-enfants ». Avec le Rambam, il nous demande de voir le monde, et nous-mêmes, comme parfaitement en équilibre, de sorte qu’un seul acte peut tout faire basculer. Noa’h n’a pas achevé la réparation ; c’est Avraham qui l’a fait. Mais Noa’h a fait pencher la balance de nouveau vers Hachem.
Quand je les rassemble, je vois la forme de cette semaine. Les eaux viennent, et elles sont là pour purifier, non pour détruire. Nous nous abritons dans les mots de la Torah et de la prière. Et quand nous sortons, nous reconstruisons avec la colombe devant, en étant bons envers ceux qui nous entourent, sachant qu’un seul bon acte peut faire basculer le monde et que les enfants de nos enfants bâtiront sur ce que nous faisons. Un essai de Chabad.org imprimé avec la section du Rabbi (ce ne sont pas les paroles du Rabbi lui-même) ajoute une étape : construire une arche est nécessaire, « mais ce n’est pas le but final. Le vrai but est de changer le monde ».
Le Maboul lui-même annonce la fin. Le Zohar lit la six-centième année de la vie de Noa’h, quand les sources de l’abîme jaillirent, comme une allusion à la six-centième année du sixième millénaire, quand la sagesse d’en haut et celle d’en bas se répandraient « pour préparer le monde à entrer dans le septième millénaire ». Le Rabbi voyait dans la radio, qui porte une voix instantanément « jusqu’aux extrémités de la terre », un avant-goût de la promesse : « toute chair verra ». Le Rav Dynovisz dit qu’à la Délivrance « les nations vont atteindre un niveau inimaginable », et Rabbi Wolf suit la famille de Téra’h, par Loth, Moav et Ruth, jusqu’à David et au Machia’h. Que les eaux que nous traversons cette semaine nous purifient « en un bref instant », que nous envoyions toujours la colombe, et que nous voyions très bientôt la terre remplie de connaissance, avec l’arrivée du Machia’h, dès aujourd’hui.
Les citations de sources anglaises sont données en traduction libre.
Le Maboul comme mikvé : une purification, pas seulement une punition (LS 1, §1)
Le Rabbi s’appuie sur l’Admour Hazaken (Torah Or 8c et suiv.). Le Maboul a purifié un monde « souillé par la discorde, la corruption et la violence ». C’est pourquoi il a duré 40 jours, comme les 40 séa d’un mikvé, et c’est pourquoi Yéchayahou (54,9) l’appelle « les eaux de Noa’h », de na’hat, la sérénité. Le Torah Or applique ensuite cela aux « grandes eaux » de Chir Hachirim 8,7 : les soucis de la subsistance. Elles « ne peuvent éteindre l’amour » et, à la fin, elles purifient.
« En fin de compte, ces “grandes eaux” purifient l’homme de ses traits indésirables et lui permettent d’atteindre la sérénité et le contentement. » (traduction libre)
Tévila = habitoul : la pression financière brise l’ego (LS 1, §2–3)
Le point intérieur du mikvé, c’est le bitoul (l’effacement de soi). Le Rambam parle de s’immerger « dans les eaux de la connaissance pure », et טבילה a les mêmes lettres que הביטל. Les soucis d’argent ont le même but. Ils peuvent troubler l’homme et le laisser « abattu », mais à la fin ils brisent son égocentrisme. Puisque le but est la purification et non la punition, elle « n’a pas besoin d’être longue ; elle peut s’accomplir en un bref instant », dès qu’il en saisit l’intention profonde.
« Même s’ils peuvent momentanément le troubler et le déconcerter, et le laisser abattu, ils finiront par briser son égocentrisme. » (traduction libre)
Deux sources du Maboul : « les abîmes » et « les fenêtres du ciel » (LS 1, §4)
Les eaux du Maboul venaient d’en bas (« le grand abîme ») et d’en haut (« les fenêtres du ciel », Béréchit 7,11). Il en va de même de nos distractions. Certaines sont matérielles, comme la subsistance. D’autres sont élevées, comme le travail communautaire. Quand le travail communautaire empiète sur l’étude de la Torah et les mitsvot qu’exige le Choul’han Aroukh, le Rabbi dit que cette excuse vient de l’âme animale. Laissées à elles-mêmes, « les fenêtres du ciel » glissent vers « le grand abîme ».
« Mais si ce lien fait défaut… que valent toutes les activités louables dans lesquelles il est engagé ? » (traduction libre)
La Tévah du Baal Chem Tov : « entre dans l’arche » (LS 1, §5)
Tévah signifie à la fois « arche » et « mot ». Le Baal Chem Tov enseigne qu’il faut entrer dans les mots de la Torah et de la prière, et s’en entourer. Alors, « même dans les circonstances les plus terribles », on n’est pas emporté. Concrètement, cela veut dire commencer la journée par le Modé Ani et les bénédictions du matin. Pourquoi bénir Hachem « qui habille ceux qui sont nus » quand on possède des vêtements ? Parce que le sage « voit ce qui naît » : toute l’existence est renouvelée à chaque instant. Le Rabbi compare cela à Rav Yéssa l’Ancien du Zohar, qui priait pour sa nourriture alors même qu’elle était déjà sur la table.
« Ce qui est interdit est interdit, et ce qui est permis est superflu » (LS 1, § 5 (suite))
Avant la prière, on part du principe que le monde est premier, et cela colore tout : tout ce qui est permis est bien, et en cas de doute c’est permis. Le Rabbi emprunte la règle halakhique de la ’hazaka (présomption) : « la charge de la preuve incombe à celui qui veut déposséder ». Après une vraie prière, la présomption s’inverse. Seul Hachem existe vraiment, et chaque plaisir matériel a donc besoin d’une raison. Quand le yétser hara affirme que quelque chose est une nécessité, la réponse est : « Apporte la preuve ! »
« Cette vision explique une expression ’hassidique classique : “Ce qui est interdit est interdit, et ce qui est permis est superflu.” » (traduction libre)
L’« an 600 » du Zohar et les deux déluges de sagesse (LS 15, Noa’h 2, § 1–2)
« En l’an six cent de la vie de Noa’h… les sources du grand abîme jaillirent et les fenêtres du ciel s’ouvrirent. » Le Zohar (I, 117a) y lit une prophétie : « En l’an six cent du sixième millénaire » (qui commença en 1839), la sagesse d’en haut (la Torah, surtout sa dimension intérieure) et la sagesse d’en bas (le savoir profane) jailliraient « pour préparer le monde à entrer dans le septième millénaire ». Le Rabbi cite le Tséma’h Tsédek à propos de 5608 (1847–1848), une année jadis avancée pour le Machia’h : c’est l’année où fut publié le Likouté Torah. Il en découle deux principes. Tout a été créé « pour la Torah et pour le peuple juif » et « pour Sa gloire » ; le savoir profane existe donc pour servir le service divin.
Le Rabbi ajoute une mise en garde ferme. Cela n’a « aucun rapport » avec la question de savoir si les jeunes doivent fréquenter le collège ou l’université, ce qu’il qualifie d’« interdit grave… plein de dangers ».
« l’année 5608 (1847–1848) fut citée comme l’une des dates fixées pour la venue du Machia’h ; il donna la réponse bien connue : le Likouté Torah fut publié cette année-là. » (traduction libre)
La leçon de la radio : « un Œil qui voit et une Oreille qui entend » (LS 15, Noa’h 2, § 4–5, 7)
L’une des promesses messianiques est que « toute chair verra » (Yéchayahou 40,5), c’est-à-dire une vision physique de la parole de Hachem. La technologie en donne un avant-goût. Si une voix peut être entendue instantanément « jusqu’aux extrémités de la terre et même sur la lune », et qu’on peut aussi voir la personne, à plus forte raison tout ce que nous faisons est-il vu et entendu en Haut (Avot 2,1 ; Téhilim 94,9). La radio utilisée pour diffuser la ’Hassidout est un avant-goût de « la terre sera remplie de connaissance ». Le Rabbi note que les ondes radio remplissent tout lieu, qu’il y ait un récepteur ou non.
« tout ce que fait une personne, même dans les lieux les plus secrets, est instantanément perçu par “l’Œil qui voit et l’Oreille qui entend”. » (traduction libre)
L’unité dans la création et l’a’hdout Hachem (LS 15, Noa’h 2, § 8)
Utiliser la science comme un outil est un premier niveau. Trouver des vérités de la Torah au sein même de la science est plus élevé. La physique voyait autrefois des forces séparées et de nombreux éléments. Aujourd’hui, elle voit l’existence comme « une unité dynamique entre deux composantes : la masse et l’énergie », ce qui fait écho à l’unité simple de Hachem. L’unité véritable n’appartient qu’à Hachem ; une chose créée ne peut donc la refléter que comme l’union de deux. (La note du traducteur cite Ibn Ezra : la Création commence par un beth.)
« La véritable unité entre le savoir profane et la Torah s’exprime lorsque ce savoir lui-même démontre les vérités de la pnimiyout HaTorah. » (traduction libre)
Complément (pas les paroles du Rabbi) : Noa’h face à Avraham, et le bois tendre
- Loewenthal, citant LS 2 p. 452 du Rabbi et le Zohar III, 15a : Noa’h a construit une Tévah sainte mais « n’a pas essayé de sauver tous les autres ». C’est pourquoi Yéchayahou appelle le Maboul « les eaux de Noa’h », comme s’il en était responsable. « Construire une arche » est une compétence nécessaire, « mais ce n’est pas le but final. Le vrai but est de changer le monde », comme Avraham le fit pour Sodome.
- Weisberg : le bois de gofer est « tendre et capable de résister aux pressions », tandis que la poix le rend « impénétrable ». Soyez souple de caractère et ferme sur les principes (Taanit 20b : « mieux vaut être souple comme le roseau que dur comme le cèdre »).
Chana Weisberg, « Dealing With the Flood of Life », Chabad.org — ce n’est pas un texte du Rabbi · chabad.org/…/aid/3794923
Elokim et Havaya : la stricte justice et la grâce ; la Choah comme « déluge » (00:00–07:00)
Rappel du premier cours : Hachem juge à deux niveaux. Elokim est la stricte justice, Havaya est la grâce. Noa’h serait mort sous Elokim, mais il était juste assez juste pour que la grâce repose sur lui ; sa génération ne méritait même pas Havaya. Dans chaque catastrophe, certains sont sauvés sous Havaya, et des bénédictions paradoxales s’ensuivent. Pendant la Choah, alors que le judaïsme européen brûlait, d’autres Juifs, dont certains « qui ne respectaient même pas shabbat », cultivaient la terre et préparaient l’État. Qui relève de quel Nom nous dépasse : « la rétribution ne se fait absolument pas selon notre compréhension à nous ».
Les nations ne disparaîtront jamais ; Amalek, « le peuple-excrément » (07:00–10:43)
Parce que ce principe se révèle à travers Noa’h, père des 70 nations, « aucune des nations ne disparaîtra totalement ». Même une guerre atomique ne les anéantira pas ; les 70 apporteront toutes des offrandes à Souccot après Gog. Seul Amalek, le « 71e », est voué à la destruction totale, comme un prépuce, un ongle trop long, ou « à Malek est un peuple excrément ». « il ne vit que de méchanceté de destruction ». C’est une idéologie, pas un peuple : aujourd’hui elle domine la Perse (Tiras, l’une des 70, ne disparaîtra pas), et autrefois elle était en Allemagne.
Les mesures de la Tévah n’ont aucun sens sans la Kabbale (11:16–20:23)
Il lit de près Béréchit 6,13–16 : le bois de gofer, les compartiments, la poix, 300 × 50 × 30 amot (environ 150 × 25 × 15 m), la fenêtre, un toit qui s’élève mais se termine par une bande plate d’une ama de large, une porte sur le côté et trois étages. « qu’est-ce qui lui prend bon D.ieu de donner des détails aussi » précis ? N’importe quel constructeur sensé pourrait trouver cela seul, et une fois écrites dans la Torah, ces mesures deviennent absolues. Il dit qu’aucun commentaire littéral ne les explique. Seuls les maîtres des secrets révèlent que « dans l’arche de Noé se cache toute la structure » des séfirot.
Elokim = ha-téva (la nature) ; les fautes du Maboul ; la digression sur l’homosexualité (20:23–31:27)
- Noa’h et Bina : Noa’h fut sauvé en s’élevant jusqu’à Bina, la première des trois séfirot supérieures, qui agissent au-dessus de la nature.
- Elokim = la nature : « le mot éloquine désigne D.ieu lorsqu’il dirige le monde à l’intérieur de l’espace-temps », et sa valeur numérique égale celle de הטבע (la nature).
- Les fautes du Maboul : les fautes de cette génération étaient les relations entre hommes, entre femmes, et entre humains et animaux. Il se moque de la marche des fiertés de Jérusalem : la prochaine sera « des défilés homme chienne et femme chien », avec allocations familiales.
- La digression : s’opposer à l’homosexualité pour des raisons religieuses ou morales est « complètement faux ». Une personne homosexuelle, née ainsi le plus souvent (« pour la plupart d’entre eux »), se sent plus morale en aimant son partenaire ; de ce point de vue, ce sont ceux qui la condamnent qui paraissent « abominables ». Le vrai problème est la nature et la continuité du monde : de telles unions « commettent un crime non contre D.ieu mais contre la nature ».
- Ses limites : « et donc très bien je vais pas te brûler ». Il rejette les bûchers et les camps, mais dit que revendiquer la normalité, « c’est consciemment ou non revendiquer la fin du monde ».
- Pourquoi le monde fut détruit : pour cette « autodestruction », Elokim/la nature ne faisant qu’y apposer sa signature. La débauche entre hommes et femmes, dit-il, ne détruirait pas un monde.
Les séfirot supérieures et les 13 attributs de miséricorde ; sauvetages de la Seconde Guerre mondiale (31:27–38:54)
Les 13 attributs révélés à Moché après le veau d’or proviennent de Kéter, ’Hokhma et Bina. Quand un tsadik s’attache au moins à Bina, cette lumière inonde le monde et le sauve. La Choah fut un « déluge » typique. Il dit « on approche les 8 millions de Juifs morts dans les camps de concentration » et que le chiffre de 6 millions a été gardé comme chiffre officiela. Au même moment, « beaucoup de Noa’h » furent sauvés, et le monde de la Torah fut reconstruit aux États-Unis et en Israël. Ses exemples de miracles :
- La fuite du Rabbi Rayats de Varsovie assiégée vers l’Amérique « en passant par Berlin », que personne, dit-il, ne comprend : « ça c’est un sauvetage du type Keter »b.
- L’arrêt inexplicable de Rommel avant qu’il n’atteigne Erets Israël.
Le nom de Noa’h : noun = les 50 portes, ’het = 8 (Bina) ; ’hen = Noa’h à l’envers (38:54–40:28)
נח : le noun (50) représente les 50 portes de Bina, et le ’het (8) Bina comme 8e séfira en comptant depuis Malkhout. À l’envers, les mêmes lettres forment חן (la grâce). Noa’h était « destiné » à faire descendre la grâce de Bina.
Unités, dizaines, centaines : trois profondeurs dans chaque séfira (40:28–58:40)
Chaque séfira en contient 10, et chacune de celles-ci 10 autres, soit 100. La Torah s’arrête à trois niveaux, comme la famille de base : père, fils et petit-fils (lois du témoignage et des unions interdites). Il donne deux analogies :
- Mariage, enfants, petits-enfants : le mariage est la surface du bonheur, les enfants en sont la profondeur, les petits-enfants le plus profond. Peu d’hommes voient leurs petits-enfants, et les arrière-petits-enfants sont un cadeau du Ciel. Une séfira à 100, c’est comme un homme dont la vie est en danger et qui découvre des forces cachées : « dans chaque tartan pion [Tartempion] en vérité il y a un héros potentiel ».
- L’étui à lunettes perdu : bien en vue (unités), quelque part dans la pièce (dizaines), perdu on ne sait où (centaines). Il le relie à la halakha du yéouch pour les objets perdus sans signe distinctif.
Ainsi les 300 (centaines), les 50 et 30 (dizaines) et la 1 ama (unité) de la Tévah représentent des séfirot qui brillent pleinement, modérément ou seulement en surface. Ce sont les forces qui ont sauvé les Juifs pendant la Choah et qui les sauveront dans la guerre de Gog, « qui a déjà depuis fort longtemps commencé ».
Les séfirot, clés d’une perception au-delà du cerveau ; Moché dans le cours de Rabbi Akiva (03:16–12:19)
L’intelligence seule ne donne pas la compréhension spirituelle ; on peut être un esprit brillant et ne rien comprendre à la Torah. Les grands maîtres perçoivent par un roua’h hakodech lié à une séfira particulière. Moché, assis dans le cours de Rabbi Akiva (Mena’hot 29b), fut rassuré par l’expression « halakha lé-Moché mi-Sinaï » (les sous-titres la déforment, p. ex. « à la Halle emocher Miss Sinaï »). « Mi-Sinaï » signifie qu’Akiva puisait à la même source que Moché : le Sinaï, le code qui contient toutes les séfirot.
Trois niveaux de perception : ce qui s’est passé, pourquoi, et les guilgoulim ; la magie comme illusion (12:19–32:18)
- Unité : faire honnêtement le bilan de sa vie, ce que la plupart des gens ne font jamais (« la majorité ne sont même pas branchés au sirop unitaire »), même avec « 20 diplômes de la Sorbonne ».
- Dizaines : comprendre le pourquoi, par le travail sur soi et la prière.
- Centaines : comprendre sa vie à travers ses vies antérieures, « qui est tout simplement mon guilgoule mais réincarnation ». C’est la prophétie (névoua). Le Ari zal voyait les guilgoulim de chacun, et Yitro enseigna à Moché ce discernement (« vé-ata te’hézé ») ; il cite le Zohar.
- Question du public sur les médiums : la Torah interdit la magie parce que c’est une contrefaçon convaincante ; « rien n’est plus vrai qu’une illusion mais ça reste une illusion ».
La Tévah projetée sur les séfirot : 300 / 50 / 30 (32:18–55:25)
- 300 (la longueur) = Kéter, ’Hokhma, Bina : « Noah était au niveau même des centaines ». La longueur signifie aussi le temps : « Noah a tout compris c’est un prophète inimaginable ». Noa’h faisait remonter la corruption de sa génération à la faute d’Adam et voyait jusqu’au Machia’ha.
- 50 (la largeur) = Bina : les 50 portes de Bina sont 5 niveaux de l’âme (néfech à ye’hida) × 10. Le mot « lumière » apparaît 5 fois le premier jour.
- L’âge comme une échelle à travers les séfirot supérieures : « à 40 ans on arrive à la porte de la Bina ». Puis 50–60 correspond à ’Hokhma et 60–70 à Kéter (d’où les 70 ans du Tanakh). De 70 à 120, la lumière rayonne vers l’extérieur. C’est pourquoi l’étude de la Kabbale commence traditionnellement à 40 ans.
- Noa’h et Avraham : Noa’h était un géant, « l’un des maîtres principaux de qui de Abraham ». « ça peut être que 52 ans leurs années se sont croisés »b. Les nations noa’hides viennent d’une source assez élevée pour avoir enseigné Avraham, et lors de la délivrance « les nations vont atteindre un niveau inimaginable ».
- 30 (la hauteur) : « dans le monde furotique quand on descend on monte » : plus une lumière est forte, plus elle doit s’enraciner haut pour atteindre l’obscurité. La hauteur de 30 code donc les trois séfirot qui descendent de Bina : ’Hessed, Guévoura, Tiféret. C’est « la preuve absolue » que la Kabbale est écrite dans la Torah de Moché. Il s’arrête là, épuisé ; la correspondance devait se poursuivre au cours suivant.
Le récit et trois questions (~01:24–06:44)
Au bout de 40 jours, Noa’h ouvre la fenêtre et envoie le corbeau, qui « allait et revenait jusqu’à ce que les eaux aient séché ». Puis il envoie la colombe trois fois. La première fois, elle ne trouve pas de repos. La deuxième, elle revient avec une feuille d’olivier arrachée. La troisième, elle ne revient pas. Jacobson pose trois questions : pourquoi deux oiseaux ? Pourquoi ces deux-là (le Netsiv note que d’autres oiseaux sont plus rapides) ? Pourquoi cet ordre ? Il répondra « en s’appuyant sur les œuvres de la Kabbale et de la ’Hassidout ».
« on dirait que le corbeau a accompli sa mission de façon admirable et réussie, et l’histoire aurait dû s’arrêter là » (~02:29) (traduction libre)
La réputation du corbeau (~06:44–13:50)
Il décrit le corbeau par :
- Ses caractéristiques : des plumes noires, un croassement, une nourriture de charognes.
- Téhilim 147 et Ibn Ezra : Hachem nourrit « les petits du corbeau qui appellent », car, rapporte Ibn Ezra, des « savants parmi les nations » disent que les corbeaux abandonnent leurs petits. Jacobson dit que c’est l’une des raisons pour lesquelles c’est un oiseau non cachère.
- La culture ultérieure : le poème de Poe et les corbeaux de la Tour de Londres.
- Le Béer Mayim ’Haïm : עורב se lit « bo ra », « il y a du négatif en lui ».
- Sanhédrin 108b : le corbeau fut l’un des trois (avec ’Ham et le chien) qui eurent des relations dans la Tévah malgré l’interdiction.
« il y a des savants parmi les nations qui disent que leurs parents les abandonnent après la naissance » (~08:30) (traduction libre)
La colombe : la fidélité (~13:50–16:15)
La colombe représente la tendresse et la fidélité. Le Midrach Chir Hachirim Rabba explique « tes yeux sont des colombes » : une fois qu’une colombe a reconnu son compagnon, elle ne le remplace jamais par un autre. Israël non plus n’a jamais échangé Hachem, malgré toutes les invitations à l’idolâtrie. La colombe est aussi cachère, et elle était offerte sur l’autel du Temple.
« une fois que les Juifs ont reconnu D.ieu, ils ne L’ont jamais remplacé par personne d’autre » (~15:40) (traduction libre)
Corbeau = guévoura, colombe = ’hessed (~16:15–16:47)
Dans la Kabbale, le corbeau est la guévoura (la sévérité) et la colombe le ’hessed (la bonté). L’ordre des oiseaux est la clé de l’histoire.
« le corbeau représente la guévoura : l’agressivité, la force, la sévérité » (~16:15) (traduction libre)
La première théorie de Noa’h : le monde a besoin de dureté (~16:47–19:51)
Noa’h raisonnait que l’humanité avait été « pourrie gâtée ». Trop d’amour et d’abondance avaient engendré le narcissisme et la dépravation. Le nouvel ordre du monde devait donc être « sévérité, force, discipline, dureté ». Jacobson compare cela à l’addiction : une bonté sans limites peut faire de vous un complice.
« Noa’h sentait que l’humanité avait reçu trop d’amour, trop de soins, trop d’affection » (~17:17) (traduction libre)
Le Maboul en nous : se forger une carapace de corbeau (~19:51–22:25)
Dans nos propres vies, ceux qui ont été « submergés » par la douleur, la déception ou la trahison se reconstruisent souvent en corbeaux. Ils se forgent « une carapace rugueuse, un plumage sombre » et deviennent cyniques et méfiants. « Peut-on leur en vouloir ? Ils ont peur d’être blessés à nouveau. »
« ils se forgent une carapace rugueuse, un plumage sombre, une croûte épaisse, un tempérament agressif » (~20:53) (traduction libre)
Le corbeau garde les frontières ; la colombe doit mener (~22:25–25:40)
Noa’h comprit qu’« avec un corbeau, on ne peut pas reconstruire un monde ». Le corbeau a sa place à la périphérie : « aller et revenir », fixer des limites à l’amour pour que la bonté ne devienne pas autodestructrice et ne laisse pas « les méchants s’en tirer impunément ». Mais c’est l’amour qui doit mener la reconstruction. Cela vaut pour quiconque a été déçu par ses parents, ses frères et sœurs ou ses amis.
« la force motrice première de la vie doit être l’amour, la fidélité, la compassion, la confiance » (~23:28) (traduction libre)
Les survivants qui ont envoyé la colombe (~25:40–31:33)
« Un déluge qui a détruit un tiers de notre peuple… un million et demi d’enfants. » Les survivants avaient toutes les raisons de devenir des corbeaux envers leurs familles. Au lieu de cela, « un miracle » : la plupart ont bâti des foyers pleins d’amour et de possibilités. Il reconnaît « le silence paralysant » dans beaucoup de ces foyers. Il raconte l’histoire d’un survivant d’Auschwitz qui en voulait au soleil de se lever sur le camp, puis le remercia au matin de la libération.
« ils ont remplacé le corbeau par la colombe, ou du moins ils ont laissé la colombe suivre le corbeau » (~26:42) (traduction libre)
« après le déluge, on peut encore envoyer une colombe » (~29:53) (traduction libre)
Seulement huit personnes bonnes, et pourquoi le mal fait la une (~00:00–02:43)
De toute la population, « seuls huit étaient bons », ce qui, selon Friedman, ne s’est plus jamais reproduit. Normalement, le monde est au moins à « 50-50 », et en réalité il y a « plus de gens bons que de méchants ». Les méchants « font toute la presse », et il y voit « un compliment » pour l’humanité : le bien est normal, et ce qui est normal ne fait pas l’actualité.
« les gens bons n’attirent pas l’attention parce que le bien est normal, et ce qui est normal n’attire pas l’attention » (~01:39) (traduction libre)
L’humanité au stade du tout-petit : bien avec Hachem, mal les uns avec les autres (~02:43–06:08)
Les premières générations « traversaient leur stade de tout-petit ». Hachem était une évidence pour eux (« D.ieu a créé nos grands-parents ») ; la foi n’était donc pas le problème. Le problème, c’était les autres, comme Caïn et Abel, qui servaient tous deux Hachem et ne pouvaient pas s’entendre. Leurs fautes étaient le vol, l’« expérimentation » sexuelle (« même les animaux… se croisaient entre espèces ») et le manque de respect de « la propriété, de l’intimité, de l’indépendance ».
« il n’y avait aucun problème avec D.ieu, le problème était entre eux » (~04:19–04:57) (traduction libre)
Intelligents, mais pas encore doués pour la vie sociale (~06:08–07:15)
« C’étaient des gens très intelligents. » Noa’h inventa la charrue, un ancêtre inventa les instruments de musique, et « ils avaient même la contraception ». Ce qui prit mille ans, ce fut d’apprendre à vivre ensemble.
Maboul et Bavel : deux sortes de confusion, deux punitions (~07:15–10:05)
Maboul (le Déluge) évoque le mélange et la confusion, ce qui rappelle Bavel. La génération du Maboul était « bien avec D.ieu, pas bien entre eux », et elle fut effacée de la terre. La génération de Bavel était « bien entre eux, pas si bien avec D.ieu ». Leur coopération leur permit de bâtir une tour jusqu’au ciel. Ils furent seulement dispersés et divisés par la langue.
« le premier millénaire : bien avec D.ieu, pas bien entre eux ; le deuxième millénaire : bien entre eux, pas si bien avec D.ieu » (~08:56) (traduction libre)
Bien avec Hachem ou bien avec les gens ? (~10:05–11:42)
« S’il fallait choisir », être bien avec les gens vous vaut une place sur terre. « Si vous n’êtes pas bons les uns envers les autres, même si vous êtes bien avec D.ieu, alors pourquoi êtes-vous ici ? … Allez au ciel. » Le Maboul fut le mikvé du monde : 40 jours pour les 40 séa, jusqu’à ce que même les montagnes soient recouvertes.
« si vous n’êtes pas bons les uns envers les autres, même si vous êtes bien avec D.ieu, alors pourquoi êtes-vous ici ? » (~10:05) (traduction libre)
Après le Maboul, la vie se mérite (~11:42–13:53)
Avant le Maboul, le monde fonctionnait sur la pure bonté, comme on donne tout gratuitement aux bébés : des vies de 900 ans, des animaux géants, des légumes énormes. Après, « 120 ans, c’est la durée d’une vie humaine », et « les gens devront gagner leur pain… être les associés de D.ieu ».
« le déluge a marqué un tournant : désormais les gens devront gagner leur pain » (~13:17) (traduction libre)
« Juste dans sa génération » face à Avraham, qui n’a aucun titre (~13:53–21:22)
Certains Sages lisent « dans ses générations » comme un éloge : juste face au monde entier. D’autres y voient une limite : à l’époque d’Avraham, il n’aurait été « rien ». Friedman dit que les deux sont vrais. À l’époque de Noa’h, la question était « gentil garçon ou mauvais garçon », et Noa’h a réussi. Avec Avraham, quelque chose de plus élevé s’est ouvert : « Viens avec Moi, sois à Moi », être choisi. À côté de cela, la justice seule « ne signifiait rien ». C’est pourquoi Avraham est présenté sans aucune description. Pour l’anecdote, Avraham avait 58 ans quand Noa’h mourut. Aujourd’hui, nous pouvons faire plus qu’être justes : nous pouvons être les associés de Hachem pour faire du monde Sa demeure.
« une fois qu’on a 20 ans, être un gentil garçon devient gênant : maintenant tu dois être l’associé de ton père dans son entreprise » (~19:16) (traduction libre)
Une nouvelle série, et qui était le Ropshitzer (~00:02–07:25)
Wolf a grandi dans une dynastie issue de Ropshitz, et il ressent « une affinité particulière ». Rabbi Naftali fut l’élève du Voyant de Lublin et du Noam Élimélekh. Il est célèbre pour son esprit, mais il était aussi un grand kabbaliste ; il demanda que sa pierre tombale le désigne comme unique en sa génération dans la sagesse cachée. (Les sous-titres déforment l’expression hébraïque en « it was a yakito » ; elle n’est donc pas reconstituée ici.) Wolf dit que Rabbi Naftali naquit le jour de la disparition du Baal Chem Tov, Chavouot [5]520.
« il était extrêmement spirituel, vif, et un homme d’une vérité absolue » (~03:17) (traduction libre)
« Tamim haya bé-dorotav » : pourquoi « générations », au pluriel ? (~07:56–11:08)
Rachi rapporte les deux lectures connues de « dans ses générations » (éloge ou limite). Le Zéra Kodech, à la suite d’une question de l’Alchikh, pose une question plus aiguë : pourquoi le pluriel ? À cette époque, une génération couvrait toute une longue vie.
« que dit le verset ? “dans ses générations” — dans sa génération, il n’y a qu’une génération » (~09:30) (traduction libre)
Un tsadik imprègne ses descendants (~11:08–19:45)
Le Zéra Kodech répond que lorsque les tsadikim servent Hachem, ce service imprègne « chaque potentiel qui se trouve dans leur âme », y compris les âmes futures de leurs descendants. Ces descendants trouvent alors « beaucoup plus facile de se connecter ». L’allusion : les premières lettres de נח איש צדיק תמים (נ-א-צ-ת) totalisent 541, la valeur de ישראל. La semence d’Israël était déjà en Noa’h. La leçon de Wolf pour quiconque se sent « fini » :
« Noa’h incorporait en lui toutes les générations futures » (~18:40) (traduction libre)
« parfois on pense, vous savez, que ce n’est que moi ; ce n’est pas que vous, ce sont vos enfants, vos petits-enfants, vos arrière-petits-enfants » (~19:15) (traduction libre)
« Tamim tihyé im Hachem Élokékha » : aligner l’étincelle sur sa Source (~19:45–29:24)
Le second enseignement du Ropshitzer lit « Élokékha », « ton D.ieu », comme l’étincelle de Hachem propre à chacun (Tanya ch. 2 : « une partie de D.ieu en Haut »). Tamim signifie refondre cette étincelle dans l’Infini, comme une goutte rendue à l’océan. Wolf relie cela à l’Iguérèt HaTéchouva du Tanya : la techouva supérieure rend « le souffle à Celui qui souffle » de son vivant. Nos pensées, nos paroles et nos actes deviennent ceux de Hachem, par la Torah, une mitsva ou la tsédaka, qui est « la main droite de D.ieu… passant par votre main droite ». Noa’h atteignit ce niveau : « quand Noa’h marchait, c’était comme si D.ieu marchait ».
« vous devez prendre votre étincelle et l’aligner parfaitement, la synchroniser… l’unifier, l’immerger en Hachem Lui-même » (~22:03–22:33) (traduction libre)
Noa’h, le « consolateur » qui fit pencher la balance (~29:24–36:16)
Comment cela s’accorde-t-il avec la critique de Noa’h par les Sages ? Son nom signifie qu’il devait apporter la « consolation », la réparation complète de la faute d’Adam. Il l’a commencée, et Avraham l’a achevée. Malgré tout, Noa’h a fait pencher le monde de nouveau en faveur de Hachem. Wolf cite le Rambam (Lois de la techouva 3,4) : considère le monde, et toi-même, comme exactement à moitié méritant et à moitié coupable, de sorte qu’un seul acte peut tout faire basculer.
La Tévah en est une allusion. Ses trois étages forment un lamed, la « langue » d’une balance. Le Séfer Yetsira associe le lamed à Tichri, dont le signe est Moznayim (la balance). Ses dimensions, 300 × 50 × 30, forment ש-נ-ל, qui se réarrange en לשון, « langue ».
« D.ieu envisageait d’abandonner tout le projet, s’il n’y avait pas eu Noa’h » (~32:03) (traduction libre)
Le Maboul comme bonté ; l’arrogance de la « sagesse extérieure » (~36:47–41:29)
מבול = 78 = חסדו, « Sa bonté » (les sous-titres lisent « hasto »). Le Zéra Kodech dit que ce fut une grande bonté d’ôter une génération brillante dans les sagesses profanes (« ’hokhmot ’hitsoniyot ») mais arrogante, et qui « trompait » le monde. Ici, Wolf ajoute une remarque personnelle sur « aujourd’hui ».
Il nuance (« je ne forme ni ne donne mes opinions, car je suis encore dans le noir ») et conclut par une prière pour que la vérité soit simplement « dévoilée » : « nous n’avons besoin d’aucun déluge ».
« vous voyez aujourd’hui aussi une sorte de tromperie au nom de la science ; tout se fait au nom de la science, au nom de la médecine » (~39:55) (traduction libre)
Le Bné Issaskhar : la famille de Téra’h répara le figuier (~41:59–51:29)
Au nom d’une source ancienne, le Bné Issaskhar dit que l’Arbre de la connaissance (Ets HaDaat) était un figuier, תאנה. Ses lettres représentent Téra’h (ת) et ses fils Avraham (א), Na’hor (נ) et Haran (ה). Toute la famille participa à la réparation :
- Par Na’hor : Rivka, puis Ra’hel et Léa.
- Par Haran : Sarah, Milka et Loth. De Loth vinrent Moav, puis Ruth, David et le Machia’h.
Le mot supplémentaire « èt » à chaque naissance (« il engendra èt Avram, èt Na’hor, èt Haran ») fait allusion à ce qui « naquit avec eux » : « le salut et la réparation… du monde entier ».
« cette famille, qui était à l’origine de la faute, il fallait que ce soit cette famille qui la répare » (~48:50) (traduction libre)
Pourquoi la Torah cache la fournaise d’Avraham : une « faute pour l’amour du Ciel » (~51:29–1:02:43)
Avertissement : cette partie s’adresse aux adultes et aborde des thèmes sensibles.
Le Bné Issaskhar donne deux réponses.
- Pas de récompense : le service d’Avraham était pur, sans récompense attachée ; il était attiré « comme une étincelle est attirée par la flamme ».
- Pas d’autorisation : en tant que non-Juif avant le Sinaï, Avraham n’avait pas de mitsva de donner sa vie (le kiddouch Hachem est un commandement juif) ; se laisser jeter dans la fournaise était donc techniquement interdit, une sorte d’autodestruction. L’âme, pourtant, peut percevoir « ce que D.ieu veut vraiment, vraiment, vraiment ». Wolf le compare à Pin’has et au Rabbi Rayats qui envoyait des jeunes gens en Russie soviétique au péril de leur vie. Ce fut une faute commise pour l’honneur de Hachem (avéra lichma, Nazir 23b [référence ajoutée]), et c’est pourquoi la Torah ne pouvait pas la rapporter. Il cite aussi Yaël et Sissera, ainsi que David prêt à servir une idole (Sanhédrin 107a [référence ajoutée]). Il met fermement en garde : « que personne, à D.ieu ne plaise, ne s’en serve si ce n’est pas sûr à 100 %… absolument inacceptable ».
Il conclut par la phrase du Bné Issaskhar : même si chaque mitsva valait le Guéhinam et chaque faute le Gan Éden, « nous choisirions d’accomplir les mitsvot parce que ce sont les commandements de D.ieu ». Avraham fut sauvé « par le mérite de Yaakov », l’attribut de vérité.
« même si nous savions que… la conséquence de chaque mitsva est un enfer brûlant et la conséquence de chaque faute une extase éternelle… nous choisirions d’accomplir les mitsvot » (~1:00:29) (traduction libre)